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L’INVENTAIRE est un projet impulsé et piloté par l'Assemblée des Pays de Savoie (APS).


Concepteur et opérateur prestataire : Alain Livache, pour Etant-Donné, agence régionale de médiation culturelle et de sensibilisation à l’art contemporain. 
En collaboration avec Fabrice Bournisien. Créanet.

 
Période de réalisation;  2005-2006

Le tissu artistique savoyard existe, encore faut-il mieux le connaître pour mieux le rencontrer…
Le projet consiste à réaliser le premier inventaire de l’ensemble des artistes d’arts  plastiques engageant une démarche de type professionnelle et  vivant ou travaillant en Haute-Savoie et en Savoie.
C’est aussi de façon complémentaire réaliser  le premier inventaire des lieux d’art intervenant autours des arts plastiques en Haute-Savoie et en Savoie.

 Introduction :
La connaissance du milieu artistique des arts plastiques (ou arts visuels) de Haute-Savoie recèle la même richesse et la même complexité que l’on repère dans  tout département. Cette complexité se structure sur plusieurs réseaux, souvent étanches entre eux.

Aujourd’hui il n’existe pas au sein des deux départements  de recensement structuré de cette richesse et de cette complexité artistique.  Les structures d’exposition quant à elles interviennent chacune sur un domaine artistique spécifique. Toutes ne sont pas identifiées. Toutes ne sont pas connectées aux artistes correspondant à leurs missions.

Donner sens à un inventaire 

Un inventaire n’est pas une fin en soi. Il doit prendre sens. Il doit devenir un véritable outil de connaissance des artistes entre eux et par les publics ainsi qu’un véritable outil de travail pour les différentes structures impliquées dans les arts plastiques. Ainsi l’inventaire doit être une banque de ressource publique et évolutive.

Ce sera tout naturellement également un outil d’action culturelle pour les départementleur permettant de mieux asseoir leurs orientations et  choix.

Une approche rigoureuse et… humaniste

 Il s’agit, tout en se gardant d’un propos mettant tout artiste et toute œuvre sur le même plan de fonction et de qualité, d’engager  une approche  respectueuse des créateurs, avec leurs diversités,  dans un souci de permettre à chacun et selon sa spécificité, de trouver dans cet inventaire un outil positif pour développer son propre chemin.

La méthode

Inventaire des artistes et des lieux d’art :
 Deux axes complémentaires :

1 : L’activation de réseaux

- Des artistes « têtes de réseaux » 

- Des personnalités têtes de réseaux

La première collecte s’est organisée à travers une démarche de collation des données s’appuyant sur les réseaux des artistes eux-même et sur ceux des lieux d’art. Cette forme de recherche permet de découvrir de nombreux artistes ou lieux d’art non inventoriés jusqu’à présent. Car chacun est porteur d’un inventaire personnel qui lui-même renvoie à d’autres inventaires personnels. A partir du moment où le choix des premières têtes de réseaux balaye l’ensemble des composantes du paysage des arts plastiques, on a  alors toutes les chances d’être relativement exhaustif mais aussi de commencer à mettre en synergie la richesse potentielle de ces réseaux.

De même, cette démarche prend appui sur des têtes de réseaux  plus institutionnelles : les professionnels des lieux d’arts, les galeristes, les conservateurs, les écoles d’arts, les associations, …

2 : L’appel public à recensement.

De manière complémentaire, il s’agira d’utiliser plusieurs médias afin d’informer  publiquement de la démarche départementale engagée et d’inviter à s’y inscrire. (Presse, journaux spécialisés, annonces, organismes professionnels des artistes, MAPRA, …)

L’inventaire des lieux d’art 

Celui-ci sera fondé sur la même démarche d’activation de l’information par réseaux. Ce recensement doit pouvoir aider à identifier la fonction et les objectifs de tel ou tel lieu déjà repéré, mais aussi d’en découvrir d’autres, qui souvent, sans avoir pignon sur rue, n’en sont pas moins actifs ou innovants ou remplissent une fonction nécessaire à l’équilibre d’un paysage départemental. C’est aussi un premier pas pour préparer la mise en lien nécessaire entre les artistes recensés et ces lieux d’art.

 

  Les moyens mis en oeuvre

- Une grille enquête-questionnaire (bio - cursus, formation, biblio, textes de références, …)
- Un recueil  d’expression sensible de l’artiste
- La constitution de dossiers multimédias. : (photos, textes, reproduction d’œuvres,…)
- La constitution d’une base de donnée papier (catalogues, affiches, cartons, …)
- Une note de synthèse sur chaque artiste.

Les modes de restitution

Un mode de restitution publique :  un site internet

Le média internet correspond parfaitement à ce type de projet, au regard en particulier des entrées multiples qu’il permet, de l’importance iconographique qu’il supporte et de son potentiel évolutif. Par ailleurs, la mise en ligne   Permettra d’en assurer une large diffusion au delà du département. 

 

Calendrier de réalisation : années  2004 - 2005. Publication du site: début 2006

la notion d’arts plastiques   

 Le socle fondateur et  éthique
Il n’existe pas d’inventaire neutre. De façon consciente ou non, il présuppose un certain nombre de parti pris. Il s’agit donc en amont de les identifier afin de se doter du maximum de transparence dans la démarche.

A cette fin, il convient  de cerner quelques problématiques  mises en exergue par ce   projet et d’y apporter certains positionnements :

A:  Qu’est ce qu’un artiste ?
B: Qu’est ce qu’un artiste professionnel 
C : Qu’est ce qu’un artiste local ?
D : Comment catégoriser des artistes ?
E : Que sont les arts plastiques ?

 

A : Qu’est ce qu’un artiste ?
Un  artiste est un individu qui produit une œuvre d’art. Mais par nature, les fonctions culturelles, sociales et historiques de l’art et de l’artiste échappent à toute définition définitive. C’est même cette capacité à ne pas pouvoir être clairement  objectivés  qui caractérise l’art, l’artiste et l’œuvre d’art. Quels sont alors les éléments qui participent à faire dire avec plus ou moins de légitimité : celui-ci, celle là est un, une artiste ? et donc peut rentrer dans le cadre de notre recensement ?

Nous nous bornerons là à évoquer trois processus autonomes ou concomitants qui sont mis en œuvre et qui formeront les indicateurs de notre recherche:

La désignation par l’artiste et ses pairs

L’auto désignation. Celle-ci est à priori indispensable. Si elle est artistiquement suffisante, elle ne permet pas néanmoins d’avoir un statut social « officiel » d’artiste, même précaire. La seule preuve de l’auto désignation consiste à pouvoir faire état d’œuvres créées et en train d’être créées.

La désignation de ses pairs. Si d’autres artistes (même peu nombreux)  reconnaissent la personne en tant qu’artiste, cela suffit à légitimer l’auto désignation. Cela confère à l’artiste une certaine intégration culturelle et le début d’une intégration sociale. Dans chaque époque, les artistes d’avant-garde se sont essentiellement reconnus entre eux avant que de bénéficier d’autres reconnaissances.

 

La désignation par le public et le marché

La Désignation du public.

Si un public même infime désigne   un individu comme artiste cela suffit à légitimer (si besoin était) son statut culturel.  (Mais pas forcément son statut social).

La désignation du marché.

Si un artiste vend ne serais que peu d’œuvres, cet échange marchand atteste de son identité d’artiste. C’est la loi du marché qui fait alors foi, et ce  au-delà souvent de tout critère de qualité, de reconnaissance de ses pairs ou de reconnaissance des professionnels de l’art et des pouvoirs en place.

La désignation par la société

La désignation des professionnels des l’art : C’est à dire les critiques d’art, les conservateurs de musées, les  écrivains, les sociologues de l’art, les commissaires d’exposition, les directeurs de centre d’art, les historiens d’art, divers intellectuels, et certains galeristes engagés. Ce soutien intègre l’artiste dans un contexte artistique et/ou historique de référence. Il est, à un moment donné, indispensable à l’artiste.

La désignation des pouvoirs politiques en place

Longtemps la seule façon d’être reconnu en tant qu’artiste fut liée à la reconnaissance officielle  de l’Etat ou de ses succédanés (Eglise,Royauté, …). Si le statut social d’artiste est encore quelquefois lié à cette reconnaissance (commandes publiques, accès aux structures culturelles publiques, intégrations dans les collections publiques, …),  le statut culturel d’artiste s’en est plutôt libéré. 

 

B: Qu’est ce qu’un artiste professionnel ?

·   C’est celui qui, au-delà d’une activité de divertissement ou de loisirs, s’engage personnellement dans son œuvre, en en faisant une de ses activités principales.

·   Ou c’est celui qui engage tout ou partie de son temps potentiel de travail à exercer cette activité, en en attendant des revenus.

·  Ou c’est celui qui tire des revenus déclarés de la vente de sa production artistique.

NB : même si la délimitation « professionnelle »  reste large en l’occurrence , un inventaire des pratique amateurs resterait à effectuer.

C : Qu’est ce qu’un artiste local 
Préalable : artiste local ou travaillant et vivant ici ?
L’inventaire recensera les artistes vivant et/ou travaillant en haute savoie. Cet intitulé évite l’emploi du terme local chargé d’ambiguïtés. Car, fréquemment  local devient un  adjectif qualificatif. A priori pourtant, ce mot n’indique qu’un état géographique d’activité.

  D : Comment catégoriser des artistes ?
 Si porter un jugement de valeur sur telle ou telle œuvre est en soi hasardeux, à l’inverse placer tous les créateurs dans un unique chapeau qui ne comporterait aucune catégorie ne peut au bout du compte que renforcer  les frustrations des uns et des autres.   Chacun conviendra que toutes les  œuvres ne se ressemblent pas, chacun conviendra que toutes ne se valent pas.

Au sein même du corps professionnel des artistes  il existe donc des différences de catégories et d’objectifs.

S’il est incontournable de porter des appréciations sur telle ou telle œuvre, les critères employés ne peuvent et doivent s’inscrire  que dans le cadre référentiel d’une catégorie donnée.

  Fort heureusement ces catégories ne sont pas  étanches, leur porosité permet le passage d’une fonction à une autre, d’une implication à une autre. C’est même le gage de l’avancée de l’art et de la sensibilisation des publics.

L’inventaire n’a pas pour objectif de porter un jugement de valeur sur tel ou tel artiste professionnel. Il doit par contre permettre d’identifier dans quelles zones d’implication et de travail ils se situent. A chacun ensuite et ultérieurement de fonder ses propres choix.

  Quelles catégories de base ?
Les catégories indiquées ci-dessous situent la trame de départ. On peut imaginer que la menée effective de l’inventaire pourra en modifier certaines ou en créer d’autres.

·         Les créateurs d’arts appliqués, qui à partir d’une  base artistique de référence, la transposent dans la production d’objet manufacturé ou industriel . NB : l’inventaire n’inclue pas les artisans d’art.

·         Les auteurs (ou artistes) d’art brut  , qui  se situent dans un mode d’expression   se situant hors de toute référence culturelle et sociale, hors de tous  codes ou langages, qu’ils soient classiques, modernes ou contemporains.

·         Les artistes d’art populaires, qui créent des œuvres ou des objets à partir d’une tradition culturelle, d’une spécificité  locale, d’une iconographie majoritaire.

·         Les artistes dits  classiques qui  se réfèrent à une tradition picturale ou sculpturale en  reproduisant ou explorant les codes classiques de la représentation.

·         Les artistes d’art moderne qui reproduisent ou explorent les codes et les langages de l’art   dit moderne.

·          les artistes d’art contemporain qui se situent au sein des codes et des langages expérimentés au cours des trente dernières années (environ).

·         les artistes chercheurs (qui en avant-garde fabriquent le renouvellement des codes et des langages de l’art)

 

NB important : Ces catégories ne seront pas forcément les seules utilisées dans la restitution grand public de l’inventaire. C’est l’artiste lui-même qui indiquera s’il se reconnaît dans l’une ou l’autre de ces catégories, ou bien s’il souhaite être identifié dans un nouvel intitulé, ou bien encore s’il ne souhaite pas être identifié dans une quelconque catégorie.

 E : Que sont les arts plastiques ?

 Les arts plastiques (ou les beaux-arts ) regroupèrent traditionnellement et pendant longtemps la peinture, le dessin,  la gravure et la sculpture. Le vingtième siècle, petit à petit a vu apparaître d’autres modes d’expression, complémentaires et dont le dénominateur commun reste leur caractéristique majoritaire visuelle et plastique. Ainsi sont apparus le collage, La photographie d’art, l’installation, la performance, le mail-art, le body-art,  l’esthétique relationnelle, l’art vidéo, le land- art,  l’art  conceptuel et l’art numérique*.  Aujourd’hui, ces démarches, ces langages et ces médiums  font tout naturellement partie de ce l’on résume sous les arts plastiques. L’inventaire balayera donc ce riche  éventail de création.

*liste non exhaustive

Concept et démarche ; ©copyright: agence Etant-Donné,
 Alain Livache
.  

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