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René Broissand Fondation
Ripaille Haute Savoie - France Du 10 juin au 19 septembre
2004 Sculptures
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Introduction à l'exposition Si
l’exposition actuelle à la Fondation Ripaille poursuit quelque
objectif, ce n’est pas celui d’une rétrospective. Si l’acquis de
René Broissand, son parcours dense et son expérience importante
pourraient aisément y prétendre, cette exposition propose avant tout une
relecture transversale de son Oeuvre pour mieux comprendre et aborder
l’Oeuvre en train de se réinventer ici et maintenant. René
Broissand, en effet, réaffirme sa liberté de création. Il s’emploie
à défricher de nouvelles zones d’interventions : Abstraction de
la forme, humilité renouvelée des matières, contrastes de textures, développement
de lignes dans l’espace, mobilité du langage plastique. Pour
qui suit depuis longtemps le parcours du sculpteur, on découvrira donc
dans cette exposition de nouvelles audaces. Une majorité d’œuvres
n’ont jamais encore été exposées. Ces audaces ne doivent rien à
l’air du temps. Les évolutions plastiques de René Broissand
s’ancrent dans l’ensemble de son œuvre. Pas de reniement, pas de
volte face, quoi qu’il pourrait presque y paraître au demeurant. Pas
de volte face, mais une « forme émancipée ». Emancipée non
pas du regard de l’Autre mais plutôt émancipée de ses contraintes
internes, de ses sujets, de ses figurations et de ses polissages, voire de
ses poliçages. Cependant on l’a dit, toute la création
d’aujourd’hui existe en filigrane dans le travail antérieur :
Avant tout l’authenticité de l’artiste, qui, d’intuition et nécessité
intérieure a choisi ce chemin. Le savoir faire également, celui de
l’acier, de la brasure et des métaux repoussés et celui de la maîtrise
de la forme, des contours et du volume dans l’espace. Nous
sommes ainsi en présence des mêmes mots (rondeurs, élancements,
surfaces, reliefs, ...) mais déclinés dans une autre langue, plus
vivante que jamais. La rondeur d’une pomme devient désormais une sphère
poétique sans autre sujet qu’elle-même. L’élancement d’un oiseau
se résout à la dynamique de sa forme elle-même, le relief d’un
personnage devient l’objet même de la préoccupation de l’artiste. De
même, le travail sur la rouille (qu’on aurait tord de croire laissé au
seul hasard) produit une forte impression visuelle qui se passe aisément
de support figuratif. Les
mêmes mots… Une autre langue… René
Broissand ne développe pas une vaine dualité entre figuratif et
abstrait. L’enjeu est ailleurs. Lorsque
Cézanne s’emploie toile après toile à peindre une pomme, ce n’est
pas le fruit lui-même qui l’intéresse, c’est avant tout la manière
de le peindre. Il s’agit de situer sa vision du monde et de se
confronter à l’histoire de l’art.
Peu après Cézanne dont on dira qu’il fut le père de l’art
moderne, Kandinsky, Mondrian puis bien d’autres mettront de coté le
sujet figuratif pour libérer un peu plus encore la réflexion sur la
« manière » de peindre … René
Broissand va à l’essentiel. La forme, auparavant au service d’un
sujet, devient le champ de l’expérience à laquelle nous sommes conviés.
Ainsi, lorsque celui-ci réalise il y a quelques années une pomme géante
en inox poli, cette échelle décalée est déjà une manière de mettre
à distance le sujet et d’en montrer surtout le volume, le galbe et
l’effet miroir de sa surface. Il suffit pour s’en convaincre de
positionner cette pomme presque à l’envers pour que celle-ci soit
rendue à son état initial : Une sphère, rendue sensible par son
irrégularité de surface. Cette
sphère qui devient un symptôme de la constitution formelle de notre
monde… Car
une pomme, vue au microscope
électronique, contient dans ses cellules et atomes l’état formel et
premier du monde : Un monde géométrique et abstrait. Ou … très
concret si l’on y C’est
pourquoi, l’opposition souvent entretenue entre figuratif et abstrait
est obsolète. Que ce soit la pomme ou la sphère, nous sommes en présence
du langage premier de la sculpture. Au-delà des repères entre le
reconnaissable et le non reconnaissable, la question de jugement critique
est alors d’évaluer ce que « réfléchit » la sculpture, ce
qu’elle met en débat, ce qu’elle produit en sur notre sensibilité,
sur notre fleur de peau, sur notre regard à l’entour. L’œuvre
monumentale « Sculpture mobile- Girouette » tout récemment réalisée
est symptomatique de l’avancée actuelle du travail de l’artiste et de
sa maîtrise. Cette œuvre en inox poli, de sept mètres de haut décline
avec évidence et réussite le
vocabulaire actuel de René Broissand, abstrait mais aussi attractif.
L’artiste joue avec le
mouvement, il compose des effets optique successifs par
la combinaison aléatoire de la rotation des disques avec la force
du vent. On pense bien sûr à Calder mais aussi aux "fontaines"
de Burry. D’une grande élégance sans surenchère séductrice, cette œuvre
sculpte l’espace et met en valeur en contrechamp le paysage. Elle
intervient en partenaire du lieu d’implantation. La révéberation de la
lumière sur l’inox poli définit
à chaque instant une œuvre en mutation… Aujourd’hui,
en entreprenant cette nouvelle étape de création, René Broissand nous
convie à aller plus loin encore dans la connaissance de sa vision
du monde et dans l’exploration de la sculpture moderne. ©
Alain Livache, Commissaire
de l’exposition Juin 2004
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Structuration de l'exposition
L’exposition
se structure en plusieurs étapes susceptibles d’accompagner un nouveau
regard sur l’œuvre passée et actuelle. Le
parti pris principal s’appuie sur une analyse formelle et plastique de
l’œuvre. (Au-delà du sujet : le rapport des formes, des volumes,
des matières, de l’espace et du geste créateur). Cette
approche à partir de ce qui est seul « visible » est choisie
pour mettre en valeur l’ancrage de la démarche actuelle de l’artiste
dans une continuité de travail depuis plus de quarante années. Première
étape : La
salle des métamorphoses.(salle
1) Des
œuvres très différentes (de sujets, d’époques et de matériaux) sont
ici mises en relation, afin de signifier les passages possibles d’une
facture à l’autre ou d’un sujet à un autre. Ainsi par exemple, deux
oiseaux encadrent une œuvre plus abstraite. Leurs proximités formelles décapent
notre regard sur ces oiseaux pour en laisser essentiellement voir la
dynamique générale des formes s’élançant vers le haut… Deuxième
étape. La
salle des conciliabules. (salle
2) Organisée
à partir des sculptures en forme de chaise, cette salle « met en
scène » les débats intérieurs de l’artiste.
Les chaises (nous préfèrerons dire sculptures en forme de
chaises) sont associées à la sculpture
du fruit coco fesse et à la tête de louve qui surplombant
l’ensemble y apporte un regard vigilant. Le fruit, d’une sensualité
évidente dialogue avec les sculptures de chaises…vides …
l’installation intègre le spectateur dans ce conciliabule. Troisième
étape : La
salle des possibles. (salle
3) Il
s’agit là de mettre en évidence les
directions possibles qu’expérimente ou qu’a expérimentées René
Broissand : Les sculptures aux cueilleres, les colonnes sans fin
(hommages à Brancusi), les formes rouillées avec en encastrement ces étranges
éléments en inox polis, les bas reliefs sur le mur. Les
petites sculptures monumentales quant à elles attestent du désir
réaffirmé de l’artiste à s’attaquer au monumental. Ces petites
sculptures se suffisent à elles mêmes mais sont imaginées également
pour être transposées à très grande échelle dans le paysage. Quatrième
étape : La
forme émancipée. (salle 4,
la grande galerie) Ce
sont là des sculptures individualisées et qui montrent l’aboutissement
actuel de la recherche de l’artiste. Si
la majorité de œuvres figurant dans ce corpus sont très récentes,
d’autres néanmoins plus anciennes préservent un lien de proximité
avec le travail antérieur de l’artiste. Des
points de vues sont proposés, des perspectives sont disponibles… le
spectateur peut donc s’il le souhaite accompagner l’artiste avec un
nouveau regard… Au
premier étage, trois salles se développent, remettant en situation mais de manière
différente des groupes d’œuvres. La
salle des fondamentaux
(salle 7) , en fin de parcours, met
en exergue la trame classique et plus connue du travail de l’artiste, à
travers la nature morte et le bestiaire, thèmes récurrents
de l’histoire de l’art. Dans
chaque salle des fiches plus approfondies permettent de mieux
aborder quelques œuvres ou groupes d’oeuvres et de mieux identifier les
choix de commissariat. A.Livache.
Juin 2004.
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Points
de vue particuliers sur
quelques œuvres… |
| Les métamorphoses Des œuvres très différentes (de sujets, d’époques et de matériaux) sont ici mises en relation, afin de signifier les passages possibles d’une facture à l’autre ou d’un sujet à un autre. Ainsi
par exemple, deux oiseaux encadrent une œuvre plus abstraite. Leurs
proximités formelles décapent notre regard sur ces oiseaux pour en
laisser essentiellement voir la dynamique générale des formes s’élançant
vers le haut…
Ces
deux œuvres associées mettent en exergue leur matérialité. En
particulier, le travail de surface « rouillée » qu’explore
actuellement l’artiste (œuvre de gauche) que l’on perçoit déjà
dans des œuvres antérieures telle que cette pomme (à droite). Le
« rouillé », habituellement déconsidéré acquière ici une
noblesse matériologique traversée
de son évocation du passage du temps…
Entre cette œuvre abstraite et ces poissons, une proximité se développe : Celle de la dynamique des formes circulaires qui se « greffe » sur un sujet figuratif, et désormais de plus en plus sur un support abstrait…
Sculpture
en forme de chaise et scorpion.
Le rapport formel proposé entre les deux œuvres prend appui sur leur
paradoxale correspondance. Il ne s’agit pas là d’animaliser la
chaise mais de mettre l’accent sur le langage plastique de l’artiste
qui se structure, souvent avec humour, sur des correspondances formelles.
C’est peut-être plus par contre le scorpion que l’on pourrait
percevoir comme un objet sculptural abstrait dans l’espace… Un
certain darwinisme formel est mis en valeur dans l’association de
ces œuvres. Evolution par la simplification des formes : L’oiseau
est déjà l’idée d’un oiseau, sans détail. La fourmi est réduite
à ses formes essentielles, brutes. Evolution également par le traitement
de la surface qui évolue vers une humilité, une âpreté du travail de
la rouille de l’oiseau ou du grain frustre de la fourmi. La colonne
inversée, qui n’a aucune référence figurative poursuit de manière
naturelle cette émancipation… Entre
cette œuvre abstraite et cette chouette (volontairement positionnée de
dos) on retrouve là le même type de relation : Une proximité de
matériaux et de formes… © Agence
etant-donné, Alain Liv |
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| Les
conciliabules Organisée à partir des sculptures
en forme de chaise, cette salle « met en scène » les
débats intérieurs de l’artiste.
Les
chaises ont un statut de sculpture, affirmé par les socles qui les séparent
du sol. il
ne s’agit donc pas d’un mobilier, mais bien d’une sculpture en référence
à l’idée d’une chaise, à l’idée de l’attente, et en
l’occurrence de l’absence… On
retrouve dans ces « chaises » tout le vocabulaire plastique de
l’artiste… L’ensemble
forme une « installation » qui intègre le spectateur dans ce
conciliabule. Les douze éléments sont associés à la sculpture du fruit
coco fesse et à la tête de louve qui, surplombant l’ensemble, y
apporte un regard vigilant. Le
fruit, d’une sensualité évidente dialogue avec les sculptures de
chaises…vides … Une
histoire peut alors peut-être se développer… D’autres
sculpture en forme de chaises placées dans l’exposition
individuellement ou par couples permettent d’approfondir un regard
individualisé sur ces œuvres attestant de la maîtrise de l’artiste et
de sa volubilité plastique.
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| Les
possibles
Il s’agit là de mettre en évidence les directions possibles qu’expérimente ou qu’a expérimentées René Broissand : Les sculptures aux cueilleres, les colonnes sans fin (hommages à Brancusi), les formes rouillées avec en encastrement ces étranges éléments en inox polis ou encore les bas reliefs sur le mur.
Les
petites sculptures monumentales quant à elles attestent du désir
réaffirmé de l’artiste à s’attaquer au monumental. Ces petites
sculptures se suffisent à elles mêmes mais sont imaginées également
pour être transposées à très grande échelle dans le paysage.
Les
surfaces rouillées que l’on voit apparaître de plus en plus dans le
travail de l’artiste entourent leur « fantôme » brillant en
inox. Il y a là une nouvelle synthèse des préoccupations actuelles de
l’artiste, qui associe les contraires : la fragilité apparente et
la simplicité de la surface rousse et la sophistication de l’inox poli.
Ces contrastes peuvent ainsi révéler visuellement ces formes évidée,
poétique et sans référence.
Ces
dernières colonnes sans fins,
se dégagent de leur référence à Brancusi en en détournant la
rigueur : Elles « s’enfuient » vers les cotés et leur
forme à dessein informe leur apporte un mystère et une étrangeté
qui puise dans l’expérience et le savoir faire de Broissand. L’œuvre
reproduite en photo est la toute dernière œuvre de l’artiste, réalisée
quasiment la veille de l’inauguration de l’exposition… Les
bas reliefs reprennent ce vocabulaire en atomisant sur la surface du mur
ces protubérances…
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| La forme
émancipée
Sont
disposées dans cette galerie des sculptures individualisées qui montrent
l’aboutissement (actuel) de la recherche de l’artiste. Si
la majorité de œuvres figurant dans ce corpus sont très récentes,
d’autres néanmoins plus anciennes préservent un lien de proximité
avec le travail antérieur de l’artiste. Des points de vues sont proposés, des perspectives sont disponibles… le spectateur peut donc s’il le souhaite accompagner l’artiste avec un nouveau regard…
La
boule oxydée est sans doute l’une des œuvres majeure représentative
de la démarche actuelle de René Broissand. On y repère l’élégance
des lignes, et le grain très particulier donné à la surface. Le
contraste inox poli/ acier savamment rouillé y est subtilement mis en
« énergie ». Le
contraste proposé dans l’association du cercle ci-contre et d’une «ancienne »
prune, ne laisse voir en l’occurrence dans un premier temps, que la
forme oblongue polie du fruit… Les
contraires sont ici associés : l’inox et la surface corrodée
. l’un renvoie à l’autre et forme un rythme visuel laissant transparaître
notre rapport au temps : le temps que l’on souhaite immuable et
celui qui, fluide, nous glisse entre les doigts…
La
forme, auparavant au service d’un sujet, devient le champ de l’expérience
à laquelle nous sommes conviés. Ainsi, lorsque l’artiste réalise il y
a quelques années une pomme géante en inox poli, cette échelle décalée
est déjà une manière de mettre à distance le sujet et d’en montrer
surtout le volume, le galbe et l’effet miroir de sa surface. Il suffit
pour s’en convaincre de positionner cette pomme presque à l’envers
pour que celle-ci soit rendue à son état initial : Une sphère,
rendue sensible par son irrégularité de surface.
Une
sculpture en forme de chaise est ici associée à son double, cette
sculpture abstraite qui reprend la même déclinaison de matières et de
formes… Ces
œuvres aux lignes fortes et qui sculptent avant tout l’espace autour,
par leur simplicité, acquièrent une présence singulière. Elle « énergisent »
l’espace, elle mettent le vide en « tension ». Il
y a là un épurement qui situe l’un des aspects du chemin fécond
emprunté désormais par l’artiste…
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| Contacts : |
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Artiste Commissaire de
l’exposition : Alain Livache. 04 50 45 47 32 Site : www.etant-donne.com L’organisateur : 04 50 45 63 77
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